Rien à y faire. On s'était pourtant jurés de ne pas recommencer, de ne plus encenser sans nuances, de toujours passer ses ardeurs superlatives sous les fourches caudines d'une retenue emprunte de maturité critique. Mais à l'écoute de Myths Of The Near Future, la bonne résolution roussit à mesure que s'égrènent les trente-six minutes enflammées et novatrices que compte ce disque. Littéralement flambant neuf, surprenant et déroutant. Ceux qui voyaient en Klaxons les fers de lance d'un revival rave chercheront ainsi longtemps la moindre antienne électronique, et devront se contenter des différents remixes qui accompagnaient les singles comme autant de semeurs d'un trouble dionysiaque. Mais ce premier effort dément surtout ceux qui s'apprêtaient justement à railler un éphémère groupe à singles sans grande subtilité, voire sérieusement bourrin.
Dès l'ouverture, la profondeur mirifique de 2 Receivers sonne le glas de ces vils présages, leur faisant d'abord faire de l'équilibre sur les multiples étages d'une mélodie tourneboulée entre cold-wave dantesque et rock aux vertiges psychés, avant qu'un refrain polyphonique extasié ne les précipite définitivement dans le vide. La suite est au diapason, à savoir une enfilade de tubes drainant une énergie incroyable et exsudant un lyrisme débridé porté par des voix dédoublées tantôt frénétiques et affolantes, tantôt angéliques et louvoyantes, mais toujours maîtresses d'un enthousiasme communicatif. Entre sauvagerie électrique brute gouvernée par une basse belliqueuse et jouissance pop amplifiée par des synthés idoines, Klaxons investit un no man's land musical où la canicule règne en plein hiver (la géniale reprise It's Not Over Yet de Grace mêle intonation touchante et scansion fédératrice), où Prodigy taille au burin l'éloquence pop de Pulp (As Above So Below), où les parias de feu Test Icicles ont trouvé refuge au sein des séminaux Whirlwind Heat (la déflagration apocalyptique Four Horsemen Of 2012, dont la furie chantante dépasse les seconds pour mieux venger les premiers), où Liars a désappris la pose (l'indolence hypnotique de Isle Of Her), où Bloc Party a grillé son trop plein de neurones à grands coups d'acides.
Un territoire d'anticipation chaotique et euphorique dont la cavalcade vertigineuse Atlantis To Interzone serait l'hymne martial, aussi hargneux, enfiévré et contagieux que la peste. Et quand la grandiloquence sensuelle de Golden Skans, parée de guitares charnelles et de chœurs tournoyants, invite à la caresse, le refrain purement physique de Totem On The Timeline sent la sueur et incite à l'émeute, au mélange brutal des corps. Une montée d'adrénaline aussi féroce qu'une charge de CRS, le genre de rengaine pleine de morgue altière que se mettrait à entonner une petite frappe musculeuse des bas-fonds londoniens coursée par les flics de son quartier, lui insufflant l'insouciance nécessaire pour les semer coûte que coûte. Un hymne à la soudaineté, parmi tant d'autres. Les Klaxons parviennent à stimuler le présent, à le rendre si vivace que l'on répondra aux intégristes de l'intégrité s'écriant déjà "Dans deux mois, on n'en parlera plus !" que nous n'avons cure de leur temporalité assommante et de leur recul aussi frustrant qu'une mère castratrice. Le NME est notre bible, la hype notre évangile, et le meilleur groupe de tous les temps est simplement le groupe le plus excitant du moment. Pour l'heure, donc, le meilleur groupe de tous les temps s'appelle Klaxons.
Dès l'ouverture, la profondeur mirifique de 2 Receivers sonne le glas de ces vils présages, leur faisant d'abord faire de l'équilibre sur les multiples étages d'une mélodie tourneboulée entre cold-wave dantesque et rock aux vertiges psychés, avant qu'un refrain polyphonique extasié ne les précipite définitivement dans le vide. La suite est au diapason, à savoir une enfilade de tubes drainant une énergie incroyable et exsudant un lyrisme débridé porté par des voix dédoublées tantôt frénétiques et affolantes, tantôt angéliques et louvoyantes, mais toujours maîtresses d'un enthousiasme communicatif. Entre sauvagerie électrique brute gouvernée par une basse belliqueuse et jouissance pop amplifiée par des synthés idoines, Klaxons investit un no man's land musical où la canicule règne en plein hiver (la géniale reprise It's Not Over Yet de Grace mêle intonation touchante et scansion fédératrice), où Prodigy taille au burin l'éloquence pop de Pulp (As Above So Below), où les parias de feu Test Icicles ont trouvé refuge au sein des séminaux Whirlwind Heat (la déflagration apocalyptique Four Horsemen Of 2012, dont la furie chantante dépasse les seconds pour mieux venger les premiers), où Liars a désappris la pose (l'indolence hypnotique de Isle Of Her), où Bloc Party a grillé son trop plein de neurones à grands coups d'acides.
Un territoire d'anticipation chaotique et euphorique dont la cavalcade vertigineuse Atlantis To Interzone serait l'hymne martial, aussi hargneux, enfiévré et contagieux que la peste. Et quand la grandiloquence sensuelle de Golden Skans, parée de guitares charnelles et de chœurs tournoyants, invite à la caresse, le refrain purement physique de Totem On The Timeline sent la sueur et incite à l'émeute, au mélange brutal des corps. Une montée d'adrénaline aussi féroce qu'une charge de CRS, le genre de rengaine pleine de morgue altière que se mettrait à entonner une petite frappe musculeuse des bas-fonds londoniens coursée par les flics de son quartier, lui insufflant l'insouciance nécessaire pour les semer coûte que coûte. Un hymne à la soudaineté, parmi tant d'autres. Les Klaxons parviennent à stimuler le présent, à le rendre si vivace que l'on répondra aux intégristes de l'intégrité s'écriant déjà "Dans deux mois, on n'en parlera plus !" que nous n'avons cure de leur temporalité assommante et de leur recul aussi frustrant qu'une mère castratrice. Le NME est notre bible, la hype notre évangile, et le meilleur groupe de tous les temps est simplement le groupe le plus excitant du moment. Pour l'heure, donc, le meilleur groupe de tous les temps s'appelle Klaxons.