En kiosque actuellement Commander

Entrevue - 03/12/10 de Kisses

interviews
Membre de Princeton, brillante formation indie pop agissant depuis Los Angeles, Jesse Kivel a pris quartier libre avec sa bien aimée, Zinzi Edmundson, pour signer un album dansant, romantique et totalement déraciné. En neuf mélopées ondoyantes, les baisers synthétiques de The Heart Of The Nightlife célèbrent un mariage pas très catholique entre disco baléarique et synth-pop suédoise. Les deux angelots californiens nous invitent à une langoureuse virée nocturne, un voyage immobile aux confins de l'exotisme. Portrait du duo mixte en huit mots-clés. [Interview Sébastien Jenvrin].



VIE NOCTURNE

Zinzi Edmundson : C'est un des aspects majeurs de Kisses, la partie la plus fun. Mais ce qui est drôle, c'est que Jesse et moi ne sommes pas du tout des fêtards. On dort tout le temps. On n'aime pas trop clubber.
Jesse Kivel : En théorie, j'aime bien les night-clubs. Je me souviens avoir passé une excellente soirée à danser sur du disco. On s'était vraiment éclaté, sans pour autant se dire qu'on devrait sortir tous les soirs. Mais, en général, on préfère rester à la maison à regarder des films. L'idée même du titre de The Heart Of The Nightlife n'est pas exactement en lien avec le clubbing ou la fête en général. Ce n'est pas tout à fait un album pour danser, mais davantage pour se retrouver au calme, après être sorti d'un club.
ZE : C'est un disque qui évoque plutôt le moment où le soleil commence à se lever, quand on a les jambes en coton et qu'on s'apprête à aller se coucher. Ça se ressent surtout sur des titres comme On The Move ou Women Of The Club. Ce sont des chansons à écouter à cinq heures du matin, quand la fête est finie.

ALEC R. COSTANDINOS
JK : Alec R. Costandinos est un vieil ami de la famille. Mais je ne m'intéressais pas à sa musique jusqu'à il y a peu, car le disco est souvent considéré comme tabou. J'étais dans une soirée à Paris, il y a quatre ou cinq ans. Je discutais avec l'organisateur qui nous avait invités chez lui avec mon frère Matt. Il nous a montré sa collection de disques et il y en avait d'Alec. Quand je lui ai dit que je le connaissais, il est devenu dingo : “Ouah, Alec Constandinos?! Ce mec est une légende !” Je ne voulais pas y croire, car nous sommes amis depuis si longtemps. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'il y avait une sorte de revival autour de sa musique. Du coup, je me suis mis à m'y intéresser et à lui poser des tonnes de questions sur sa carrière. Il ne m'a pas vraiment influencé musicalement. Ces morceaux sont complètement dingues, très instrumentaux et durent une dizaine de minutes. Je me suis surtout inspiré du nom de son groupe, Love And Kisses.
ZE : Il n'est pas très emballé par tout ce revival disco. Pour lui, c'est un genre qui est mort et il se demande bien pourquoi veut-on remettre sa musique au goût du jour.
JK : Il m'a davantage influencé en tant qu'ami et comme personne qui a eu une part importante à jouer dans l'aventure disco. Mais ça s'arrête là.

SUÈDE
JK : Mes artistes préférés de ces dernières années sont quasiment tous suédois, et il est clair qu'ils m’ont beaucoup influencés. Ils ont un sens aiguisé du songwriting, et beaucoup de style. La première fois que j'ai écouté des groupes d'indie pop suédoise, je me suis dit que c'était exactement la manière dont je voulais écrire. J'ai une voix assez grave, et je voulais m'inspirer de certains crooners, comme Jonathan Richman, Lou Reed ou Arthur Russel. Des chanteurs comme Jens Lekman m'ont permis de trouver ma propre voix. Même si ça m'agace un peu qu'on me réduise souvent à cette seule influence, je dois reconnaître qu'il est sans aucun doute l'un de ceux qui m'a le plus inspiré. J'adore sa musique, je peux difficilement prétendre le contraire. Cela dit, je ne l'ai pas écouté depuis longtemps, donc il n’a pas directement influencé l'album de Kisses. A propos de ses paroles, je les aime beaucoup même si elles peuvent paraître un peu stupides parfois. En tant qu'Américain, je ne pourrais pas écrire de cette façon car il y a une sorte de naïveté et de sincérité typiquement suédoise. Musicalement, le projet de Kisses a davantage été inspiré par les productions du label Sincerely Yours, dont je suis un vrai fan, et notamment Air France. C'est d'ailleurs en lisant une critique de l'album You're So Silent, Jens (2005) de Jens Lekman que j'ai découvert ces autres groupes. Toutes ces influences sont imbriquées les unes dans les autres, comme des poupées russes. Finalement, ça a été une progression naturelle. J'adore aussi la twee-pop, Belle And Sebastian, Heavenly, Camera Obscura, etc. Et c'est ainsi que je me suis tourné progressivement vers la Suède avec des formations comme The Concretes, Taken By Trees, etc. Ce fut comme un va-et-vient perpétuel entre ces deux familles qui se ressemblent beaucoup, même si les Suédois sont plus dansants.

MAMAN RECORDS
JK : On a rencontré Bruno Wandel, qui travaille chez Maman Records, lors d'un concert de mon autre groupe Princeton, à la Flèche d'Or. Ce soir-là, on a fait un aftershow où on m'a demandé d'assurer le DJ-set. On a discuté et sympathisé, puis on a parlé de Kisses. Je ne connaissais pas bien Paris et encore moins ces personnes, mais Bruno m'a dit que Maman Records était monté un label et que ça l'intéressait de nous signer. On a ensuite été mis en contact avec le manager et ils ont décidé de sortir notre album. Auparavant, il y a eu les singles. Pour l'occasion, Maman Records nous a demandé si ça nous tentait de faire remixer People Can The Most Amazing Things par DyE et Logo, et l'idée nous a plu. Le résultat est vraiment fun et dansant. La version de Sun Airway est très bien aussi. On a plutôt de la chance car il n'y a pas un seul remix de nos chansons qui soit raté.





Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser