Kimya Dawson est une chic fille. Initiatrice d'Adam Green avec The Moldy Peaches avant qu'il ne devienne un Ben Stiller indé, elle croise la trajectoire de nombreux artistes et rassemble autour d'elle une famille internationale de fans et de partenaires de jeu. Sur ses différents sites personnels, elle promeut ses coups de coeur et partage l'intimité de son quotidien, jusqu'à publier les échographies de sa future progéniture. Kimya multiplie également les projets, comme Antsy Pants, main tendue entre les scènes de Seattle et d'Annecy. Du coup, ses albums lui ressemblent, et le dernier en date, Remember That I Love You, ne déroge pas à la règle, même si elle a considérablement réduit la liste des invités. Sous une pochette signée Jeffrey Lewis, la chanteuse à la coiffe iroquois trousse des comptines enfantines, sobres et émouvantes, qui nous dévoilent des moments de sa vie entourée de sa bande d'amis. France évoque les inénarrables soirées du dimanche au Pop'In au cours desquelles les anti-folkeux de tout poil se retrouvent et improvisent. Ce fonctionnement autarcique résume la démarche altruiste d'une femme tiraillée entre l'introspection et l'exhibition. Des deux côtés de l'Atlantique, Kimya puise dans cette communauté le terreau fertile pour exprimer ses fragiles états d'âme (My Mom). Sans renouveler le genre certes, mais avec une faconde de façade pour cette fragile musicienne, si enthousiaste et généreuse.