Kim a 18 ans, écoute Sonic Youth, Beck, la pop anglaise et le hip-hop, possède un quatre-pistes et s'entoure de tout un tas de copains cools. Cela suffit à son bonheur, dans une ville qui a la chance d'être administrée par notre Premier ministre et qui, n'en doutons pas, doit être fier de l'entreprise artistique de ce jeune garçon inventif. Dans sa chambre ou dans la cave de répèt', Kim s'amuse à réinventer, avec plus ou moins de chance, tout ce rock que l'on a connu qu'a posteriori, cinq ou dix ans après tout le monde, d'où une inspiration éminemment référentielle qui procède au joyeux fourre-tout de ses albums. Lady Lane in Mk Land et Electro Mk Collection, ce genre de disques que l'on a longtemps traînés dans sa tête avant de les enregistrer, une fierté qui tient lieu d'assurance, de confiance en soi. D'où cet éparpillement d'idées, ces vraies trouvailles d'arrangements, ces mélodies simples que l'on est sûr d'avoir inventé un jour et ces chansons qui ont dû causer pas mal de nuits blanches à son auteur. Et qu'importe la voix timide, son anglais lycéen ou les approximations marrantes, quand le copain débarque avec sa flûte à bec ou qu'il s'amuse à jouer du hard core, juste pour le plaisir d'emmerder le voisinage. Qu'importe car de cet amateurisme éclairé, il reste l'essentiel : une jubilation certaine d'avoir trouvé le seul échappatoire valable au conditionnement scolaire.