S'il existait une médaille de la persévérance et du mérite du rock, elle reviendrait de plein droit au multi instrumentiste bordelais Kim. Depuis plusieurs années, il abreuve vaillamment les pages des fanzines et multiplie les sorties exemplaires via l'actif réseau des microstructures. Débordant de créativité et d'ingéniosité, il prouve cette fois-ci l'étendue de son talent avec une paire d'albums radicalement différents. Ce nouveau cas d'école commence avec Folk/Organ, simple vinyle autant que savante étude sur l'optimisation d'un clavier et d'une guitare acoustique. Entre des orgues prie-Dieu (Organ III) et une country western (Folk I), Kim ne peut faire son choix. Il aime trop la musique dans son ensemble pour se cantonner à un genre unique. Un disque qui révèle la grande émotivité (Organ IV) d'un artiste complet trop longtemps pris pour un simple "slacker". Sur Metalic Sane, un Cd qui est lui dignement distribué, Kim donne de la voix. En dix titres à la maturité bien affirmée et moins d'une demi-heure, le sémillant jeune homme s'accompagne de sa fidèle guitare. Ce qui fascine d'emblée, c'est cette déconcertante facilité de se fondre dans l'exercice de style. En fermant les yeux, on ne sait plus si c'est Nick Drake ou Neil Young qui nous murmurent à l'oreille. On se rend compte alors de l'importance de Kim puisque l'on partage avec lui les mêmes rayonnages de discothèque. À la différence près que l'on se montre beaucoup plus sage et rangé. Un peu trop même. Aussi, Metalic Sane nous donne l'envie pressante de tout envoyer valdinguer. Laissez-vous séduire par Kim, keum au grand coeur.