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The Golden Mean de Kim Novak

chronique d'album
Avec une élégance et un charisme que l’on croyait naïvement réservés à nos amis américains, Kim Novak réussit un deuxième album inespéré, dans le registre d’un rock dont l’urgence et la candeur évoquent à la fois The Walkmen et The Beach Boys d’avant Pet Sounds (1966). Mélodies imparables, guitare rythmique nerveuse et harmonies vocales inscrivent Comfort et Merry Go Round dans des paysages du début des années 60, à un moment où la pop n’avait pas encore fait vœux de sophistication. On sent un groupe très en place, qui décline les tubes avec une fluidité confondante, jouant sur les contrastes doux-amers (Montego Bay) ou les poussées de fièvre (Will You Marry Me). Selon la densité des chansons, le chant de Jérémie Nies épouse des registres différents.

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Plus grave et angoissé quand Kim Novak joue sur le terrain des meilleurs éléments du rock new-yorkais de l’époque : guitares et rythmiques compactes, Love Affair, Monsters, Not So Sure, Loved And Saved ont une classe ténébreuse. Au fil d’un album qui aurait sans doute gagné à être resserré (défaut mineur, problème de riche), le quatuor caennais impressionne également par une écriture puissante, qui investit le sentiment amoureux comme si personne ne s’y était jamais attaqué avant lui, avec une urgence et une poésie poignantes, ramassées dès les premiers mots de Comfort : “Oh, I get old/35 years old now/I want you to know that I’ve tried/To write my name on your smile”. À l’autre bout de la chanson, cette conclusion en forme de questionnement en suspension : “What you’re gonna do for a romance/Is there anyone when your heart beats”.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #157


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