Kid Loco

Vu par Magic

The Graffiti Artist

archive mag juillet 2005
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Décontenancés par l'évidence pop de Kill Your Darlings(2001), les admirateurs de l'inaugural et velouté A Grand Love History (1997) savent qu'il peuvent en retrouver les charmes au détour de la discographie parallèle de Kid Loco, à commencer par sa contribution à la série des compilations Another Late Night. Mais la bande originale de The Graffiti Artist réussit à se porter au-delà d'un exercice de commande pour se révéler une tentative personnelle et réussie, celle d'un artiste ayant retrouvé confiance en la candeur de son downtempo mâtiné de sonorités indiennes. Tourné voilà deux ans, The Graffiti Artist est un film de Michael Bolton, cinéaste indépendant américain ayant développé, via l'économie des dialogues et le regard contemplatif sur les zones urbaines désertées, un certain goût pour les errances adolescentes et nocturnes, quelques part entre Seattle et Portland (toute ressemblance avec un cinéaste lauréat de la Palme d'or, voilà deux ans, serait purement fortuite). Il met en scène la relation de deux taggueurs américains, illustrée d'une manière apparemment contrapuntique par Jean-Yves Prieur, qui réutilise avec bonheur tablas, sitar et clarinettes. Sur disque, le tout est compris sur une unique plage de quatre-vingt minutes. Pour une fois, toute incursion vocale est bannie, ce qui a le mérite de recentrer le propos d'une musique qui aime parfois trop à se perdre dans les volutes. Rehaussé par un final désillusionné et plus lent, en rapport avec le récit du film, The Graffiti Artist replace avec plaisir le style antidaté de Kid Loco dans une sphère contemporaine.

JULIEN WELTER

article extrait de :
MAGIC RPM #92


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