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Aerial
archive mag décembre 2005
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En publiant Aerial douze ans après son prédécesseur, l'inégal The Red Shoes, Kate Bush vient donc de l'emporter d'une courte tête sur d'autres obsessifs, Scott Walker (un album est néanmoins annoncé, courant 2006) et Axl Rose (paix à son âme). Le temps importe-t-il vraiment ? Non, à l'écoute de ce nouvel album, peut-être le plus en dehors des modes qu'il nous ait été donné d'écouter cette année. Il aurait même pu être publié il y a douze ans, tant il rappelle les disques de Suzanne Vega produits par Mitchell Froom et annonce rétroactivement les premiers efforts de Björk en solo (Debut) ou Fiona Apple (Tidal), dont les idées doivent beaucoup à Kate Bush. Minutieuse, l'architecture de ce double Lp ne s'apparente heureusement ni à une tour de Babel, ni à une tour d'ivoire. Parcouru de beats joliment archaïques (le single King Of The Mountain et How To Be Invisible), Aerial permet en effet de retrouver intact l'excentricité et l'intuition mélodique de Bush, sous une forme finalement plus mesurée que bâillonnée. Privilégiant le piano, Aerial se révèle effectivement plus réussi dans ses moments retenus, ce qui pourra étonner de la part de l'auteur emportée et euphorique de Babooshka, Running Up That Hill et Wuthering Eights. Manifestement comblée par une existence domestique et provinciale, l'artiste saupoudre tout de même ses compositions du sifflement des oiseaux de son jardin ou des rires de son fils de sept ans. Parfois maladroit, mais d'un mauvais goût salutaire en regard de l'aseptisation environnante, Aerial demeure le geste inspiré et généreux d'une artiste qui n'a jamais voulu se contenter de capitaliser sur ses fameuses capacités pulmonaires. Bien lui en a pris.
Julien Welter
article extrait de :
MAGIC RPM #96
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