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Empire
archive mag octobre 2006
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L'ambition était par trop démesurée. Le peigne dans le revers de son jean, le compositeur et guitariste Sergio Pizzorno rêvait de surpasser le dernier meilleur album anglais à ses oreilles, Be Here Now d'Oasis (sic). Là où d'autres auraient remis en perspective le succès obtenu avec leur disque initial, au son déjà (é)puisé chez d'autres formations bien plus subversives, Kasabian ressert les mêmes plats tièdes, sans aucune remise en question artistique. Le premier single, Empire, se traîne péniblement avec un rythme emprunté à Into The Groove de Madonna. Le chanteur Tom Meegham endosse la pénible défroque d'ahuri de Perry Farrell sur Shoot The Runner, et Kasabian sonne alors comme les Red Hot Chili Peppers de Higher Ground. Le psychédélisme sulfureux de Sun Rise Light Flies a des odeurs de patchouli rance, bien loin de la collaboration des Chemical Brothers avec leur héros déclaré, Noel Gallagher. Stuntman sonne comme un Swastika Eyes touche-pipi, sans la folle classe de la bande de Bobby Gillespie, tandis que British Legion nous fait le coup de la ballade pleureuse, histoire de prouver qu'une rock star peut avoir un petit coeur qui bat malgré tout. Les espagnolades finales sonnent comme l'hallali d'un groupe qui a voulu endosser un costume trop grand pour lui. À mille lieues de la pertinence historique des musiciens susnommés, Kasabian rejoint la cohorte des (mauvais) imitateurs et enfonce le clou de sa propre médiocrité sur Empire. Que l'on aurait pertinemment pu sous-titrer En Pire.
Alexandre Cognard
article extrait de :
MAGIC RPM #104
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