Il est des disques qui suscitent des vocations et font vendre des guitares comme par enchantement aux quatre coins du globe. Spiderland de Slint dont on va bientôt, à l'instar de votre magazine préféré, fêter les dix ans est de ceux-là et on imagine sans peine les longues nuits que les membres de Karate ont dû passer à décrypter l'alchimie de ce fabuleux pays des araignées. De ce groupe, élève modèle de l'écurie Southern Records, retenons qu'il pratique un post-rock érudit avec un sens aigu de la dynamique et que, pour ne rien gâcher, ses pochettes sont superbes. Mais détaillons un peu... Karate et sa titanesque rythmique (la basse la plus énorme entendue cette année), se joue des structures et les redéfinit à mesure que l'on progresse dans Unsolved, tandis qu'une frêle guitare, précieuse puisque rare, souligne ce chant qui aurait oublié toute nuance entre refrains, ponts et couplets. L'essentiel, pour Karate, est ailleurs. Probablement quelque part dans ces longues plages où sa musique, comme sous l'effet d'un long phasing, ondule et se recroqueville sur elle-même, pour finir par se redéployer quelques minutes plus tard. À pratiquer de préférence sur canapé pour un résultat optimum sur vos sens.