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Mélanger Les Couleurs de Kaolin

chronique d'album
Les quatre garçons de Montluçon semblent toujours bien éduqués et polis, mais ce qui confinait hier au maniérisme trouve enfin le juste ton. Sur les deux premiers albums, il y avait quelque chose de brouillé ou de criard dans les emballements soniques et lyriques de Kaolin, qui a trouvé la bonne teinte sur Mélanger Les Couleurs (produit par Édith Fambuena et mixé par Philippe Balzé d'ordinaire plus habitué à travailler le hip hop, mais qui a su donner de l'impact aux dynamiques, même sur les morceaux les plus calmes, et jouer habilement des choeurs). La voix de Guillaume Cantillon est désormais plus posée et distanciée. Les textes existentialo-amoureux sont, parfois, encore trop "écrits", mais l'extase sexuelle de Club 35, par exemple, est délicieuse. Surtout, Kaolin décline une palette sonore équilibrée. Le single entêtant Partons Vite, Je Reviens et Sur Le Coeur, basés sur l'acoustique à la Dylan, mais au drive obsédant, sont les grandes réussites de l'album. Et quand overdrive et delays sont de sortie (Lila Huset), Kaolin réussit à installer des climats dignes de Mogwai, ce qui n'est pas rien. Toute sauvagerie est exclue, mais cette pop folk sonique très civilisée a désormais la texture de la chair.
Philippe Richard
MAGIC RPM  #106


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