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Que la scène électronique allemande soit créative (pour ne pas dire la plus créative), nul n'en doutait. Que les groupes pop locaux s'imposent par leurs qualités intrinsèques, voilà une idée encore bien peu répandue de ce côté-ci du Rhin : The Notwist n'ayant jamais réussi, malgré son impeccable dernier album Shrink, à faire disparaître les stigmates laissés par la si délicieuse... Nena. Aujourd'hui, c'est au tour de Kante de prouver que les Teutons, eux aussi, sont capables de nous faire dresser les poils d'émotion. Kante n'est pas du genre à se laisser aller à la facilité, car il choisit de chanter dans la langue d'Oliver Kahn. Et, à l'écoute de Zweilicht, force est de constater que le trio a parfaitement réussi le défi que lui avaient lancé quelques sceptiques observateurs. Pour son second album, le groupe pratique une musique savante et originale, pas si éloignée des meilleurs projets belges : Die Summe Der Einzelnen Teile, morceau de bravoure, nous rappelle par sa douce emphase les longues chevauchées signées dEUS. Kante est une véritable bouffée d'air frais. À la manière d'un Aluminum Group, ces Allemands ont trouvé l'équation exacte entre les univers acoustiques, électroniques et électriques. Une production signée Tobias Levin, déjà repéré du côté de To Rococo Rot, une voix pure portée par une langue originale dans l'exercice pop : à découvrir absolument.
Frédéric Fortuny
MAGIC RPM  #47
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