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Mäander/Incommunicado de Kammerflimmer Kollektief

chronique d'album
L'Allemagne a, depuis la sortie en 1968 de l'album mythique du saxophoniste Peter Brötzmann, Machine Gun, toujours entretenu une relation particulière avec les musiques improvisées inspirées du jazz. Que ce avec soit la contrebasse de Peter Kowald ou les expérimentations guitaristiques définitivement plus rock du fils de Brötzmann lui-même, le dénommé Kaspar, les Allemands ont toujours été présents pour expérimenter et pousser les limites de l'improvisation. Avec Kammerflimmer Kollektief, la ligne séparant le jazz libre et le post-rock devient de plus en plus floue, les styles se mélangeant allégrement. Thomas Weber, le leader ou plutôt l'âme de Kammerflimmer Kollektief, a produit seul son premier album Mäander, alors que Incommunicado est un oeuvre collective de six musiciens. On préférera ce dernier album pour son lyrisme tout en retenue et pudeur : Nachtwach est un parfait exemple d'improvisation construite sur des bribes de basse hypnotique. Comme Implodiert sur l'album précédent, Gras est basé sur une progression sonore aboutissant à une sorte de maelström jouissif. Les morceaux sont plus longs et complexes, mais aussi plus riches et subtils. Certes, Mäander se révèle être plus accessible, mais la fulgurance et l'originalité se retrouvent plus dans Incommunicado.
Jérôme Mestre
MAGIC RPM  #45
article extrait de :
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