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Music Activist
archive mag novembre 2004
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Takuji Aoyagi est un type inclassable, insaisissable, éparpillé, un cas curieux d'activiste nippon, qui, à l'instar d'un Tori Kudo (alias Maher Shahal Hash Baz), fait du folk à la fois hésitant et serein, de petites vignettes faussement naïves, tel un Pascal Comelade du pays des petits matins calme. Dès le deuxième morceau, citant Kraftwerk à la flûte (idée culottée, limite saugrenue, on ne peut plus ridicule sur le papier, mais très touchante à l'écoute), on sait qu'il va falloir prêter l'oreille, écouter cette musique d'apparence légère et anodine avec une attention soutenue. Il faut donc prendre cette musique reposante comme si l'on prenait sur son temps de repos pour étudier, se livrer à une dissection méticuleuse à l'heure de la sieste. Chaque note compte dans ce disque, une compilation introductive de l'oeuvre, apparemment vaste du bonhomme. Chaque note, souvent rythmée par des percussions faites de bric et de broc, pourrait être prise comme une idée en elle-même, comme une intervention musicale distincte. Ne riez pas trop vite, un titre comme Carry Me On, pourrait s'énoncer ainsi : guitare folk jouée façon post-rock, batterie répétitive à la Can mais jouée avec des brindilles, irruption d'une pedal-steel, break zouk... Ce qui sonnerait a priori comme un enchevêtrement bordélique sans queue ni tête est pourtant si minutieusement agencé et construit qu'il touche autant qu'un inédit de Gastr Del Sol dans sa période folk sépia. Plus loin, Aoyagi reprend Lizzy Mercier Descloux comme si on avait coupé l'électricité à Young Marble Giants. Tout retient l'attention et pourtant cette musique s'impose finalement par sa légèreté. Une légèreté souvent illuminée par cette mélancolie qui, de la bossa-nova à Nick Drake, nous permet parfois de laisser couler des larmes avec le sourire.
Étienne Greib
article extrait de :
MAGIC RPM #85
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