Chaînon manquant entre Elastica (pour le look) et The Fall (pour le son), ce quatuor issu de Norwich semble avoir un problème avec son continent d'origine. Exilé un temps aux États-Unis, où cet album a été publié il y a plus d'un an, afin d'assurer des premières parties prestigieuses (en résumé tous les groupes rock américains inspirés de la scène after punk anglaise du début des années 80), Kaito y jouit toujours d'une assez bonne cote de popularité auprès des magazines et des college radios. Mais de ce côté-ci de l'Atlantique, seul Blast First a eu le mérite de signer nos deux garçons et deux filles pour intégrer sa nouvelle écurie no-wave/post-punk, dont les fers de lance s'appellent Liars ou encore Erase Errata. Les onze titres de ce deuxième opus paraissent bien fades en comparaison de ce que l'on a entendu ces derniers temps (letigrenumbersraptureradio4 et l'on en passe). Les courts morceaux bruitistes dégagent une certaine énergie, mais aucun ne procure l'irrésistible envie de succomber aux joies du dancefloor, un comble pour une formation d'inspiration punk ! Pire : certains titres sont beuglés, et nous rappellent les plus sombres heures des riot girrrls. L'essai non transformé de Kaito reste sympathique, mais il semblerait qu'il arrive un peu trop tard. Osons émettre un conseil qui pourrait s'avérer payant : envoyer une démo au petit James Murphy qui se chargera du reste.