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Off With Their Heads de Kaiser Chiefs

chronique d'album

Quoi de neuf sous le soleil, ou plutôt sous la bruine ? Pas grand-chose, en l’occurrence. Kaiser Chiefs a beau annoncer un virage vers le dancefloor avec des collaborations plus ou moins inattendues (Lily Allen, Mark Ronson), la formule reste simple et depuis longtemps éculée : les couplets construits en tension progressive, portés par une rythmique aussi basique que le martèlement des Doc Martens sur le plancher du pub et les refrains explosifs, repris en chœur, semblables au choc des pintes levées pour trinquer une fois encore avant la fermeture et le caniveau.

Pourtant, pour la troisième fois consécutive, les lads de Leeds excellent dans cet art tout britannique consistant à enchaîner les rengaines vaguement populistes et résolument anglocentrées (“What do you want for tea? I want crisps!”, ce genre). Finalement plus proche de Madness que de Slade, Kaiser Chiefs dissimule, sous couvert d’hymnes joyeusement efficaces à la crétinerie imbibée (“It’s cool to know nothing”, répète à l’envi Ricky Wilson sur le refrain du single Never Miss A Beat) des gimmicks malins et un savoir-faire incontestable.

Souvent sauvé par son humour, le groupe de Ricky Wilson sait faire oublier ses lourdeurs traditionalistes lorsqu’il se lance, sourire aux lèvres dans, un joli détournement du vieux tube de Robert Palmer (Addicted To Drugs) ou qu’il ressuscite à coup d’amphétamines le bon vieux cadavre de XTC, période Respectable Street (Half The Truth). Tout cela n’est pas très sérieux, certes, mais diablement futé.

Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #125


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