Nouveau sport national en Angleterre : deviner quels seront les successeurs de Franz Ferdinand. Si Bloc Party remplit à merveille ce rôle pour l'instant, de nouveaux venus sont sur les rangs. Un gang tapageur venu de Leeds affole les pronostics en ce début d'année. Dans une première vie, Ricky Wilson et ses acolytes fondent Parva, et se fourvoient sur les sentiers de la gloire, comme tant d'autres avant eux (vous souvenez-vous de Contempo, vous les fans d'Hard-Fi ?). Rebaptisés Kaiser Chiefs en hommage à un club de football sud-africain, les lads se parent d'une imagerie racée et insulaire et décochent des flèches imparables sous la forme de deux singles qui mêlent l'urgence de The Clash, la désinvolture de Madness et le lyrisme des Dexys Midnight Runners, successivement Oh My God et I Predict A Riot . Le producteur Stephen Street prend alors les choses en main et produit les onze titres d'Employment. Mais avant de jouer les petites frappes élégantes dans les gazettes musicales, les Kaiser Chiefs n'ont pas oublié d'écrire des chansons. En parfaits disciples de Blur, ils nous offrent un catalogue sublimé de britpop au pouvoir de séduction immédiat. Dès le dynamique Everyday I Love You Less And Less et sa rythmique synthétique, la messe est dite : on bat du pied et l'on reprend en choeur ces chants de fin de banquets (What Did I Ever Give You?), crétins mais diablement jouissifs (le très Supergrass Na Na Na Na Naa). Le tempo ralentit le temps d'un You Can Have It All ensoleillé, histoire de prouver qu'un petit coeur bat sous les costumes cintrés. Et nous friands, d'en redemander, vite.