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Thank You For Giving Me Your Valuable Time

archive mag septembre 2002
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Assurément, il est plus rapide de réaliser un voyage de la Terre à la Lune que de sortir un disque norvégien en France. Car il aura fallu attendre une année, mais surtout le succès des Kings Of Convenience et autres Röyksopp dans nos contrées pour découvrir les compositions avant-gardistes et farfelues de ce claviériste de vingt-six ans. Pourtant, Kaada connaît tous les us et usages de politesse. En ouverture, il frappe discrètement à la porte (Care), avant de nous remercier en clôture pour lui avoir accorder un peu de temps (Thank You For Giving Me Your Valuable Time). Entre ces deux morceaux, se sont enchaînés neuf titres qui ont pris un malin plaisir à démagnétiser les aiguilles des boussoles de la pop moderne. En moins de trois-quarts d'heure, on a perdu tous nos repères et toutes nos certitudes. Depuis quand Beck chante-t-il avec Radiohead, qui compterait Jimmy Smith au clavier, l'Incredible Bongo Band aux percussions, les choeurs gospel d'Harlem et The Avalanches aux platines ? Les touches d'ivoire et d'ébène de l'orgue s'entremêlent comme dans une scène finale de partouze filmée par John B. Root. La montée de plaisir est un véritable feu d'artifesses. Ça se dandine à droite, ça se love à gauche. Pris d'une crise de bégaiements, Elvis en perd son latin (Black California) alors que les costumes pourpres de Prince gagnent en couleurs avec une lessive en forte teneur d'enzymes vocales haut perchées (Burden). Kaada est un cas.

Jean-Noël Dastugue

magazine num 64 article extrait de :
MAGIC RPM #64


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