Justice

Vu par Magic

Cross

archive mag juin 2007
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Le premier album de Justice arrive à point nommé pour combler l'impatience suscitée par quatre années d’attente. Issus de la scène indie pop, les graphistes Gaspard Augé et Xavier de Rosnay bricolent, en 2003, un remix d’une chanson de Simian pour un concours. Le duo parisien ne le remportera pas, mais Never Be Alone paraît sur le label balbutiant Ed Banger cornaqué par le manager de Daft Punk, Pedro Winter, et devient au passage l'hymne obligé de toutes les soirées, connaissant un succès qui dépasse les frontières de l'underground. Se rêvant rock stars, les deux comparses façonnent leur son et leur attitude, à visage découvert, loin de l'anonymat de la scène techno. Leur musique est un creuset d'influences très reconnaissables : une imagerie sombre tirée des vieux albums de heavy metal recouvre les pochettes de disques, où house filtrée, disco et musique de séries B se partagent l'inspiration. Production originale ou remix de prestige, chaque titre est disséqué par la nouvelle génération des bloggeurs. Sur , les uppercuts décochés ces dernières années se mixent harmonieusement aux nouveaux crochets du gauche. Genesis plante ainsi le décor grandiloquent, rappelant la danse des morts-vivants du clip de Michael Jackson. Sans éviter les clins d'œil à la french touch (New Jack), le disque avance sur des chemins déroutants : la disco pop enfantine de D.A.N.C.E. annonce un tube planétaire, la ballade Valentine rappelle Vladimir Cosma et les premiers émois de La Boum. Ailleurs, Phantom sample jusqu'à l'oubli le thème de Ténèbre (le film de Dario Argento réalisé en 1983), avant de passer entre les rouleaux compresseurs sur Phantom Pt. II. Plus loin, la délicieuse Uffie minaude à l’envi sur The Party, et Mehdi Pinson (Scenario Rock) intervient sur DVNO, sorte de Face To Face version 2007. La succession de Stress et du single Waters Of Nazareth abasourdit, avant l’inquiétant final intitulé One Minute To Midnight, qui s’inscrit dans la droite lignée des bandes originales de John Carpenter. Accrocheur et enthousiasmant, risque de convertir une jeune génération en phase avec ses concepteurs, comme Thriller en 1982 ou Discovery en 2001.

Alexandre Cognard

article extrait de :
MAGIC RPM #111


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