A Lire

Vega

archive mag juin 2008
Soyez le premier à réagir

Artiste talentueux et polyvalent, Julien Ribot n’au eu de cesse, depuis ses débuts en 2001, de chercher à peindre les contours d’un univers artistique à la fois personnel et cohérent. Graphiste, compositeur, parolier, interprète et même réalisateur de ses propres clips : voilà une énumération qui devrait suffire à susciter, sans plus de réserve, l’admiration. Mais, si l’estime, ou du moins le respect, lui restent bien sûr acquis, on peine, encore une fois, à adhérer pleinement aux codes esthétiques si particuliers qui régissent cet univers confiné, à la fois naïf et rococo, où la recherche du raffinement le plus subtil finit par tourner au maniérisme. La faute en incombe moins aux arrangements classiques et aux enluminures de cordes qu’à cette voix et à ces textes vite agaçants. Lesquels contribuent à rendre plus ouvertement audibles des ficelles qu’on préfèrerait pouvoir ignorer : ce sous-titre “conceptuel” et boursouflé supposé conférer son unité à l’album (“Le voyage labyrinthique du nouveau chimpanzé”, rien que ça) ;  l’inversion des genres masculin et féminin dans La Nuit ; les clins d’œil plus qu’appuyés à l’univers gothique et enchanté du couple Tim Burton/Danny Elfman. Semblable au lait du même nom, la musique de Julien Ribot laisse donc en arrière-bouche un goût aigrelet qui n’incite pas à y tremper trop longtemps les lèvres ni les oreilles.

Matthieu Grunfeld

magazine num 121 article extrait de :
MAGIC RPM #121


Commentaires


Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :



Mot de passe oublié ? - S'inscrire