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Borne d'écoute - 08/10/09 de Julian Casablancas

interviews
Avant-hier, mardi 6 octobre 2009, quelques personnes du milieu médiatico-branchouillis-crevardo parisien étaient invitées à écouter le nouveau Julian Casablancas. Évidemment, magic, qui est un peu la version française de Pitchfork et des Inrocks, euh, de Uncut, répondait présent. Trois reporters furent donc missionnés sur place, dans la Galerie Chappe, lieu de happeuning branché où Jarvis Cocker avait déjà fait son malin avant l’été. Justement il était lui aussi de la partie (hard) pour checker discretos la concurrence. Surtout depuis qu’il fait du garage de gratteux. Manque de pot, Julian s’est mis au synthétique qui gratte.

Comme démontré lors d'une entrevue très privée avec Kasabian, certaines féminines personnes de chez Sony se décarcassent pour redonner à la ronde promotionnelle son lot de glamour, d’ivresse et de moutarde américaine. Champagne et hots dogs, comme un axe Paris-Ludlow Street tracé dans les pavés luisants du vieux Montmartre, accompagnaient en effet l’écoute au casque du premier album solo de l’homme qui murmurait à l’oreille des Strokes. Il était aussi diffusé en boucle dans toute la galerie, éclaboussée des visuels constructo-robotico-rétro de
Phrazes For The Young, mais bien malin celui qui aurait pu déceler une note parmi le brouhaha des conversations. Qui portaient bizarrement beaucoup sur le mariage, signe que les amateurs des Strokes ont vieilli. Assis en rond, le doigt sur un lecteur Mp3 noyé sous les infrabasses, nous écoutâmes donc. [Par notre envoyée très spéciale Estelle Chardac].

01 - Out Of The Blue
On l’ignore encore, mais c’est peut-être le plus près qu’on soit de 11th Dimension sur cet album. De la cavalcade rythmique, du son aquatique pour un tube évident et aussi une phrase, la phrase : “I’m going to hell in a leather jacket”.

02 - River Of Brake Lights
Au début, des croustillances électroniques renvoient à de vieux souvenirs de Four Tet, jusqu’à ce qu’un gros son saturé vienne balayer tout ça. Ça s’étire jusqu’à l’incantation, mais ensuite Nicolas Nerrant de Le Mouv’ installe son grand sourire en face de nous et là on perd le fil.

03 - 4 Chords Of The Apocalypse
Une curieuse ballade mi soul, mi Stones, qui s’oublie très vite. Nicolas Nerrant de Le Mouv’ a l’air plutôt réjoui, lui. Normal, il en est déjà à la 6.

04 - 11th Dimension
Hé, vous la connaissez déjà. Les anciens et les modernes dansent en rond, les loustics s’astiquent et les gourgandines se dandinent. Le single et tube de l’album qu’on écoute encore sans relâche avé la basse de Peter Hook, des accords plaqués de synthé et une boîte à rythmes lancée sur les traces de Fangio.

05 - Ludlow St
Comme si les Pogues partageaient un whisky-jus de légumes avec Animal Collective. La chanson de marin d’aujourd’hui, pleine de désespoir et d’élégance revenue. Amaigri et souriant, Julian aurait-il trouvé un terrain d’entente avec la bibine ?

06 - Left & Right In The Dark
Encore du 100% synthétique, on ne sait pas pourquoi on pense à Johnny & Mary de Robert Palmer. Peut-être à cause de l’effet confiné sur la voix. Miriem Chibikh, chef de publicité de votre revue à la mélomanie aussi fine que ses chevilles, avance la théorie selon laquelle il y a un exercice de style par chanson. On se demande si elle n’a pas tort tout en jalousant son discernement.

07 - Glass
Joli début mignonnet, et hop le temps d’une gorgée de champagne, ça bascule dans la ballade ampoulée. Comment en est-on arrivé là ? On regarde notre coupe d’un œil inquiet.

08 - Tourist
Finalement Julian respecte la règle des équilibres en closant l’affaire avec un troisième tube caché sous un nuage de moiteur presque hip hop. Il nous refait aussi le coup de la guitare acoustique doublée à l’électrique, comme à la maison. On se sent bien à la maison.

Verdict : Donc au final, sur Phrazes For The Young il y a : une structure solide, une tentative de décliner la pop music sous toutes ses couleurs, une production qui savate mais ça on s’en doutait un peu, et de grosses poignées d’amour ici et là. C’est ce qui arrive quand on mange trop de hot-dogs. Compris, Juju ?
Estelle Chardac


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estelle - 21/10/2009 14:30
Mais non, j'ai bien cherché, attention n'était pas présente ce soir-là. Devait êt' devant la télé.
un_plouc - 10/10/2009 19:37
l'album a été écouté avec bcp d'attention, c'est palpable.