Qu'est-ce que l'Americana, en fait ? Tout ce qui touche outre-Atlantique à la tradition du songwriting, une main sur la douze cordes, l'autre à tâter le cul des vaches ? Ou plutôt l'idée qu'on s'en fait en Europe dans des mensuels comme Uncut ou Mojo, jubilatoires et masturbatoires mines d'information sur les trésors perdus qui barbent à raison le fan impétueux de Plaid et Aphex Twin ? Dire qu'a priori Josh Rouse est un client sympathique qui, auréolé d'un succès critique (nos vieux cons d'Uncut justement) à l'époque de son premier album, a depuis collaboré avec l'immense ami qu'est Kurt Wagner sur un mini album paru vers la Noël. Mais si le jeune Josh Rouse a toutes les allures d'un premier de la classe, son deuxième manque considérablement de mystère, de vie et de chansons bouleversantes. Comme ces Américaines qui, en un quart d'heure de conversation, vous ont déjà raconté avec une vulgarité qui n'appartient qu'à elles, des choses pourtant intimes. De là à débiner Josh Rouse, il ne faut pas pousser parce que les chansons sont bien écrites, les arrangements un peur recherchés, les boiseries exécutées convenablement. Mais à côté de la flamboyance médusante d'un Wilco ou de la profondeur faussement légère d'un Lambchop, Home fait un peu poltron. On l'encouragera à bien vieillir cependant.