Le deuxième album de Josh Ritter arrive aujourd'hui en France avec plus de trois ans de retard. Le succès d'estime récolté par le pourtant très inégal Hello Starlingn'est probablement pas autant responsable de cette (re)sortie que la série TV Six Feet Under, qui clôt l'un de ses épisodes par Come And Find Me. Le meilleur titre d'un album qui doit beaucoup plus aux légendes du folk américain qu'au talent supposé de ce jeune songwriter. En effet, si le but avoué de Golden Age Of Radioétait de faire des courbettes à Dylan, de baiser les pieds de Johnny Cash ou de louer l'esprit de Nick Drake, la réussite est indéniable. La comparaison est forcément démesurée, mais l'initiative en revient à Ritter lui-même, dont les refrains et les arpèges sont au mieux des hommages appuyés, au pire de vagues copies appliquées. En revanche, si l'on juge ce disque sur la seule qualité d'écriture de ses chansons, les illusions de la première écoute s'effondrent subitement. Il est d'autant plus regrettable d'entendre Josh Ritter se fourvoyer par d'insipides et laborieux décalques quand les vraies réussites reposent sur des idées et des mélodies personnelles, pas toujours aussi accrocheuses dans la forme (encore que), mais réellement plus touchantes. S'affranchir de ses maîtres sans toutefois les renier. Tel est non pas la morale d'un mauvais film de kung-fu, mais un conseil qu'aurait pu lui inspirer l'écoute de contemporains autrement plus doués, le regretté Elliott Smith en tête.