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The Gospel Music Of Johnny Cash (DVD) de Johnny Cash

chronique d'album
Le moins que l’on puisse dire, c’est que The Gospel Music Of Johnny Cash est un documentaire pas vraiment rock’n’roll, qui ne survend pas du mythe qui brille, de la romance destroy ou de la contre-culture épate bourgeois. Présenté et narré par le vénérable Dan Rather, le film retrace un peu plus que la passion de Johnny Cash pour le gospel de son enfance. Il prend à bras-le-corps le parcours spirituel de l’homme en noir, qui marque toute son œuvre, au-delà des épisodes biographiques chaotiques que l’on connaît bien. Épousant une narration chronologique, avec force images d’archives, chansons diffusées en intégralité et témoignages de première main, The Gospel Music Of Johnny Cash est assez éclairant. D’abord, le film permet de retisser les liens entre les thématiques des chansons gospel (symboles notamment d’un engagement chrétien aux côtés des petites gens) et celles du folk ou de la country dans leurs aspects les plus revendicatifs. Qu’on reprenne ses plus fameuses paroles (Man In Black) pour s’en convaincre : I wear the black for the poor and the beaten down, livin' in the hopeless, hungry side of town/I wear it for the prisoner who has long paid for his crime, but is there because he's a victim of the times/I wear the black for those who never read, or listened to the words that Jesus said, about the road to happiness through love and charity. Mais au-delà de cette proximité évidente qui nourrit les chansons de Cash du début à la fin de sa vie, il y a un engagement moins connu (et encore moins rock’n’roll). Le passage consacré à The Gospel Road est à cet égard saisissant : écrit et tourné en Israël par Johnny lui-même en 1972, ce film raconte simplement la vie du Christ, avec June Carter dans le rôle de Marie-Madeleine ! Il en compose la bande originale, qui comprend une vingtaine de chansons. En 1977, il obtient un diplôme en théologie et chante  régulièrement lors des gigantesques prêches du pasteur Billy Graham. Les très larges et excellents extraits de ces concerts donnés dans des stades devant des dizaines de milliers de fidèles (et par là, on n’entend pas nécessairement des fans) constituent non seulement des images que nous n’avions jamais vues mais aussi une image que ne nous n’avions pas vraiment imprimée.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #119


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