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Black Acetate de John Cale

chronique d'album
Deux ans après un retour réussi du côté de la pop (l'élégant et acclamé HoboSapiens), John Cale livre aujourd'hui son disque le plus accessible depuis sa mythique trilogie d'albums sur Island dans les années 1970 (Fear, Slow Dazzle, Helen Of Troy). Surtout, l'ex-Velvet Underground, qui produisit les Stooges par le passé, renoue avec un rock viscéral, aux guitares hérissées, et semble y prendre un plaisir d'adolescent attardé (le single Perfect, parfait). Pour autant, Cale n'a nullement perdu le goût d'expérimenter, et parvient souvent à surprendre par certains détails de ses chansons. Ainsi, peut-on l'entendre chanter d'une voix de falsetto suraiguë sur le premier titre (Outta The Bag), bifurquer vers le funk (Hush) ou ses récentes explorations électroniques (Brotherman, dénué de mélodie, ce qui est un comble pour l'auteur de (I Keep A) Close Watch). Au centre de ce pot-pourri pas nostalgique pour un sou, on trouve également une ballade d'une rare beauté (Gravel Drive, dédié à sa fille), où le Gallois se montre plus sensible que jamais. À l'aise dans tous les genres, dont les plus obscurs, John Cale aurait pu néanmoins foncer dans le mur à l'heure de viser les charts du rock international. Il s'en sort avec les honneurs et confirme qu'il vieillit bien mieux que son vieux rival Lou Reed.
GILLES DUHEM
MAGIC RPM  #95
article extrait de :
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