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My Best Remixes de Joakim

chronique d'album

Plus qu’un nom, Joakim Bouaziz s’est fait un prénom dans la liste internationale des producteurs qui comptent. Le patron du label Tigersushi compile enfin la crème de ses remixes, souvent plébiscités par ses pairs pour leur capacité à catapulter l’original dans des sphères inconnues, tout en conservant une efficacité dansante implacable. Le grand échalas a un style unique, qui lui permet de transfigurer la trame des morceaux originaux.

Joakim rajoute ainsi une couche de piano en hommage à Michel Berger au formidable Pocket Piano de Dj Mehdi. Il accentue les influences 80’s désuètes de Cut Copy, en conservant le break de saxophone, véritable pause avant l’explosion digne d’un feu d’artifice, qui envoie la mélodie des Australiens dans le cosmos (Hearts On Fire). Il saupoudre çà et là ses relectures de claviers acides pour Alter Ego (Why Not?), ou de beats lancinants pour Annie (Always Too Late, en ouverture bien sentie de My Best Remixes).

L’autre artiste phare du label Versatile fait du jazz de Lionel Hampton (Vibromatic) un brûlot electro funk dans la lignée de Detroit Grand Pubbahs ou de Green Velvet, ou encore de la bossa new-wave d’Antena (Camino Del Sol) une virée à Detroit en compagnie de Carl Craig. Il parvient également à faire renaître la puissance stellaire et érotique de Max Berlin, dont le titre Elle & Moi résonne comme du Morricone sous MDMA. Pas de recette, donc, mais du cousu main pour chaque remix, à l’heure où Tigersushi ouvre sa division mode. Toujours sur la brèche et en marge, Joakim n’est jamais là où on l’attendrait et domine placidement de son double mètre la plupart de ses contemporains.

Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #125


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