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Monsters & Silly Songs de Joakim

chronique d'album
Ce nouvel album de Joakim Bouaziz ne faillit jamais voir le jour, après le crash total de son ordinateur. Apprendre à déconstruire pour mieux renaître, ce fut l’ambitieuse gageure proposée à l’imagination fertile du producteur, jamais en reste pour enluminer les morceaux des autres (l’épatant remix de Camino Del Sol d’Isabelle Antena). Après avoir dompté de légitimes angoisses, Joakim expérimente des pistes différentes et réunit un groupe taillé pour la scène, The Ectoplasmic Band. Quelques titres à plusieurs mains échoueront sur ce troisième disque, au milieu d’interludes monstrueux. I Wish You Were Gone, stellaire épopée entre DFA et les Chicken Lips, et le délirant Drumtrax en mode aléatoire ont été les deux premiers singles extraits de Monsters & Silly Songs, ouvert aux innombrables appels d’air d’une discothèque versatile. Sans tout sacrifier au dancefloor, Joakim se fait plus contemplatif, et dépeint un conte effrayant que soulignent ses propres dessins naïfs. Le bourdonnant Love-Me-2 réconcilie électronique et krautrock au long de neuf minutes formidables tandis que Nicolas Ker, l’incomparable chanteur de Poni Hoax, habite l’exquis Lonely Hearts, tube potentiel. L’ensemble évolue au gré de ses humeurs et des accidents, entre ambient et disco, Eno et Ono. Poussé dans ses derniers retranchements, le longiligne musicien réalise une œuvre consistante née de son inspiration éclatante. Cette remise en question permanente marque de son empreinte la musique cultivée et jamais élitiste de Joakim.
Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #107


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