Alors qu’Eric Bergund publie le séminal et tortueux White Magic sous l’alias CEO (on y
reviendra le mois prochain), apposant par la même occasion une autre pierre à
l’édifice d’une discographie déjà exemplaire initiée avec Henning Fürst (l’autre
moitié de The Tough Alliance et cofondateur de la maison mère Sincerely Yours),
paraît la réédition du premier album de leurs petits protégés JJ, via la
structure américaine Secretly Canadian, nous offrant ainsi l’opportunité de (re)découvrir
l’un des climax vaporeux de l’an passé. Aussi vaporeux que l’identité du couple
suédois à l’époque de la sortie du single N°1
(l’entité pianotée My Life, My Swag/My
Swag, My Life, qu’on aurait bien
aimé retrouver en bonus à cette édition, qui réinitialise seulement les neufs
titres originaux). Si le voile est en partie levé – les faciès angéliques de
Joakim Benon et d’Elin Kastlander transparaissant désormais au grand jour –, le
tandem tient à cultiver une part de mystère en adoptant la même stratégie que
leurs mentors quand il s’agit d’échanger avec la presse. À savoir, teinter
leurs propos d’une bonne dose de cynisme et d’un soupçon d’indifférence. Deux
attributs qui contrastent aussi dans leur musique, leurs paroles ou le
graphisme de leurs disques, et qui semblent constituer l’essence même du label
Sincerely Yours. L’une des autres caractéristiques du duo étant cette signature
musicale qui mêle percussions chaleureuses, cheminement harmonique glacé et
samples exorcisés, le tout évoluant constamment sous le phrasé susurré d’Elin
Kastlander. Laquelle vocalise sur un fil d’or et sous effets synthétiques, telle
une Tracey Thorn un peu farouche.
La paire mélodieuse inaugurant N°2 étaye d’ailleurs les multiples facettes de ce diamant écorché. Alors que Things Will Never Be The Same Again écartèle les couches glaciales d’un piano lancinant pour expulser des torrents de violons extatiques, From Africa To Málaga liquéfie l’édifice polaire construit précédemment, en y instillant sa polyrythmie solaire et ses infrabasses circulaires. Et pour parfaire le triptyque émotionnel, Ecstasy démantèle Lollipop de Lil’ Wayne en anémiant sa rythmique sous des éructations cétacées et des paroles opiacées, illustrant de parfaite manière l’affection que porte JJ au hip hop yankee et à la musique noire en général. L’exercice honorifique sera réitéré et livré sur la toile quelques mois plus tard, avec la camelote pour dancefloor Troublemaker, où la clarté vocale d’Elin Kastlander et les arpèges grattés au coin du feu se substituent à l’autotune dégoulinant d’Akon et aux bégaiements rythmiques illettrés. Les débranchements de ce style n’étant pas légion, les cordes dodelinantes de Are You Still In Vallda? engendrent une saisissante récréation acoustique, avant que le tribalisme des sons et les entrechoquements synthétiques récapitulent l’affaire et recentrent les débats sur les tumultes suivants (My Love, Intermezzo, My Hopes And Dreams et Masterplan). Les retrouvailles boisées ne seront célébrées que sur la volute terminale Me & Dean, déposant ses vocalises dédoublées comme autant de poussières étoilées. Un final qui musicalise cette faculté singulière que possède JJ pour conjuguer le chaud et le froid. Une qualité intrinsèque que l’on retrouvait intacte dans le vibrations osseuses de N°3, consacré album du mois (cf. magic n°140) et dont on attend déjà le successeur épanoui.
La paire mélodieuse inaugurant N°2 étaye d’ailleurs les multiples facettes de ce diamant écorché. Alors que Things Will Never Be The Same Again écartèle les couches glaciales d’un piano lancinant pour expulser des torrents de violons extatiques, From Africa To Málaga liquéfie l’édifice polaire construit précédemment, en y instillant sa polyrythmie solaire et ses infrabasses circulaires. Et pour parfaire le triptyque émotionnel, Ecstasy démantèle Lollipop de Lil’ Wayne en anémiant sa rythmique sous des éructations cétacées et des paroles opiacées, illustrant de parfaite manière l’affection que porte JJ au hip hop yankee et à la musique noire en général. L’exercice honorifique sera réitéré et livré sur la toile quelques mois plus tard, avec la camelote pour dancefloor Troublemaker, où la clarté vocale d’Elin Kastlander et les arpèges grattés au coin du feu se substituent à l’autotune dégoulinant d’Akon et aux bégaiements rythmiques illettrés. Les débranchements de ce style n’étant pas légion, les cordes dodelinantes de Are You Still In Vallda? engendrent une saisissante récréation acoustique, avant que le tribalisme des sons et les entrechoquements synthétiques récapitulent l’affaire et recentrent les débats sur les tumultes suivants (My Love, Intermezzo, My Hopes And Dreams et Masterplan). Les retrouvailles boisées ne seront célébrées que sur la volute terminale Me & Dean, déposant ses vocalises dédoublées comme autant de poussières étoilées. Un final qui musicalise cette faculté singulière que possède JJ pour conjuguer le chaud et le froid. Une qualité intrinsèque que l’on retrouvait intacte dans le vibrations osseuses de N°3, consacré album du mois (cf. magic n°140) et dont on attend déjà le successeur épanoui.