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Like, Love, Lust & The Open Halls Of The Soul de Jesse Sykes & The Sweet Hereafter

chronique d'album
Ce n'est pas un hasard si Jesse Sykes interprète le majestueux Sinking Bells sur le dernier Lp de Sunn O))) & Boris, Altar (2006). La jeune femme est la plus hantée et, pour tout dire, la plus gothique des country girls. Pour l'occasion, les ténébreux bruitistes avaient muselé la distorsion des guitares, remplacée par un vibrato expressif. Ce morceau aurait pu, à la rigueur, figurer sur le troisième album de Jesse Sykes, même si son guitariste habituel, Phil Wandscher, préfère les guitares acoustiques ou très légèrement saturées. Ce disque contient, sans conteste, les meilleures chansons de la dame de Seattle. Jusqu'ici, c'est surtout son timbre de voix qui accrochait : quelque chose d'intime et puissant, exprimé d'une trachée travaillée à la cigarette, cousin germain du chant de Marianne Faithfull. Là, Jesse touche plus d'émotions sourdes, mi-allègres, mi-dramatiques, qu'on ne voudrait en compter. You Might Walk Away et ses tripantes montées de la voix dans les aigus, le folk épuisé The Air Is Thin, l'ambiance délicieusement délétère de Spectral Beings et ses violons poignants, la tension faussement solaire de I Like The Sound. Dans le genre country folk, Jesse lui donne une profondeur douloureuse, parfois à la limite du pathos, mais retombe toujours du bon côté de la ligne jaune. Il manquerait dans la musique cette noire densité qu'on soupçonne dans sa voix, et l'on rêverait d'un enregistrement complet avec Sunn O))). En attendant, on se contente avec bonheur de cet album-là, sans oublier de se racheter des boots à talons en biais, et un jean noir pour porter une ceinture à large boucle d'acier.
Philippe Richard
MAGIC RPM  #107


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