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Biographie

On miserait bien une poignée de dollars (surtout au cours actuel pour un Européen) sur le potentiel international de ce songwriter encore inconnu cet hiver. Car Jeremy Jay, grand échalas blond à la Thurston Moore, est un cas exemplaire  pop moderne. Voilà un garçon qui ne recule devant rien : poser sur un lampadaire devant l’objectif (la pochette du très prisé Airwalker Ep, 2007), enregistrer une reprise de Madonna (Into The Groove, disponible sur le tribute passé inaperçu Through The Wilderness, 2007), arborer une raquette de tennis de l’époque Lacoste (René, pas la marque) et, surtout, publier un classique dès son premier album. Paru un mois avant l’été 2008 chez K Records, le label de Calvin Johnson, A Place Where We Could Go fait de son auteur la révélation de l’année. D’aucuns y voient déjà le rival américain du Suédois Jens Lekman ou de l’apatride David-Ivar Herman Düne, d’autres le nouveau Jonathan Richman. Une chose est certaine, Jeremy Jay est là pour durer. Et à la manière de ses aînés des sixties, l’homme enregistre plus vite que son ombre. Son Lp à peine sorti, il inonde régulièrement sa page MySpace d’une nouvelle chanson. Mis bout à tout, ces inédits esquissent une approche à la Factory Records pour un résultat à la fois minimaliste et dansant. En attendant la visite hexagonale de Jeremy à la rentrée, vous pourrez vous repaître à l’envi de A Place Where We Could Go, cette collection inestimable de onze titres atemporels. Bercé dans son enfance par la musique classique et des chanteuses comme Françoise Hardy et Édith Piaf, le musicien ne s’inscrit dans aucune case. D’ailleurs, Jeremy Jay revendique davantage l’influence de sa Californie natale que d’un artiste en particulier. De la primauté de la géographie dans la pop.