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Sur la ritournelle qui clôturait le très sensuel Slow Dance(2009), notre blondinet filiforme posait la question suivante : Where Could We Go Tonight? À l’époque, on lui aurait répondu derechef qu’on serait bien reparti galoper au ralenti sur les dancefloors polaires qu’il nous avait rigoureusement confectionnés. Mais on aurait dû s’en douter, de nos réponses d’adolescents émoustillés, Jeremy Jay n’en a strictement rien a carrer et brise la glace une nouvelle fois, pour revenir aux fondamentaux, là où le piano charmeur de Can We Disappear et les tressaillements post-punk d’Angels On The Balcony (Airwalker, 2007) résonnent encore dans nos têtes de linotte. Ce qui frappe de prime abord sur Splash, c’est l’immédiateté qui s’en dégage. De mémoire, on n’avait jamais été pris à partie de telle manière dans la discographie du petit protégé de Calvin Johnson.

Quand ce n’est pas son spoken word hallucinatoire qui dodeline dans l’esprit pour sauter du grand plongeoir, ce sont les guitares anxiogènes qui génèrent de violent spasmes asymétriques, comme sur la cavalcade pétaradante Splash ou l’envolée Hologram Feather maintenue en apesanteur par les soubresauts d’un synthétiseur aérien. Le single Dial My Number fête le grand retour du piano annonciateur de mélodies surannées, ici écharpé sous les assauts de riffs sanguinaires et promène sa silhouette sibylline en arrière-plan sur le classieux A Silver Of A Chance et son introduction clairsemée de fingerclaps gracieux qui rappelle Walk On The Wild Side de Lou Reed (si, si). Si A Place Where We Could Go (2008) suggérait les paysages d’un dimanche après-midi pluvieux, Splash est un album d’errements nocturne truffé de néons étincelants où Jeremy Jay enfile ses lunettes noires pour nuits blanches afin de louvoyer parmi les ombres du jardin du Luxembourg. Et vu d’en haut, y’a pas à dire, le garçon a toujours autant de classe.
Fabien Le Gourrierec
MAGIC RPM  #142


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