Il y avait beaucoup à craindre du retour de Jeremy Jay, tant les derniers
titres du dandy au visage de chérubin semblaient, de prime abord, peu
flatteurs. On songeait déjà au scénario éculé d'un autre génie du crossover de
la pop labellisée K Records, le ressemblant Beck : le héros ayant touché les
sommets de la grâce avec ses tout premiers albums, celui-ci se brûle les ailes
en troquant le génie contre de vaines prétentions… L'écueil est ici
magistralement évité, et c'est avec un plaisir infini que l'on applaudit le
surprenant come-back de notre prolixe superstar de la pop dans le costume d'un
Gary Numan romantique.
Alors que A Place Where We Could Go (2008) explorait la pop sixties et l'élégance désuète du chanteur de charme, le nouveau protégé de Calvin Johnson continue sa grande entreprise post-moderniste de redécouverte du kitsch musical en recyclant le mainstream new-wave comme le fit Lansing Dreiden avec le formidable et baroque The Dividing Island (2006). Mais ici, de baroque, il n'y a point : Jeremy Jay se cantonne au minimalisme de production qui lui sied si bien et laisse libre cours au maniérisme de son chant. Son véritable talent est de décliner son style sans jamais le compromettre. Il passe ainsi à l'eau de javel lo-fi (K Records™) les couleurs criardes des références eighties qu'il suggère.
Dansant, sensuel et froid, à l'image du bien nommé Breaking The Ice, Slow Dance est un album lisse et fragile, où chaque détail qui l'emplit est indispensable et d'un académisme presque provocateur à l'heure du psychédélisme triomphant. Et pour tous ceux qui regrettent la quasi disparition du slow dans les productions actuelles, les titres Winter Wonder, Slow Dance 2 et Where Could We Go Tonight? offrent enfin l'occasion de danser à deux (les mains sur les hanches, s'il vous plaît !), sans avoir à rougir de honte. Will You Dance With Me? et ses fantasmes de baisers langoureux échangés sous les lumières disco sont un ravissement. Aux filles d'admirer l'élégance diaphane de ses chansons et de sa silhouette, et aux garçons d'affirmer : “Si j'étais un homme, je serais Jeremy Jay !”
Alors que A Place Where We Could Go (2008) explorait la pop sixties et l'élégance désuète du chanteur de charme, le nouveau protégé de Calvin Johnson continue sa grande entreprise post-moderniste de redécouverte du kitsch musical en recyclant le mainstream new-wave comme le fit Lansing Dreiden avec le formidable et baroque The Dividing Island (2006). Mais ici, de baroque, il n'y a point : Jeremy Jay se cantonne au minimalisme de production qui lui sied si bien et laisse libre cours au maniérisme de son chant. Son véritable talent est de décliner son style sans jamais le compromettre. Il passe ainsi à l'eau de javel lo-fi (K Records™) les couleurs criardes des références eighties qu'il suggère.
Dansant, sensuel et froid, à l'image du bien nommé Breaking The Ice, Slow Dance est un album lisse et fragile, où chaque détail qui l'emplit est indispensable et d'un académisme presque provocateur à l'heure du psychédélisme triomphant. Et pour tous ceux qui regrettent la quasi disparition du slow dans les productions actuelles, les titres Winter Wonder, Slow Dance 2 et Where Could We Go Tonight? offrent enfin l'occasion de danser à deux (les mains sur les hanches, s'il vous plaît !), sans avoir à rougir de honte. Will You Dance With Me? et ses fantasmes de baisers langoureux échangés sous les lumières disco sont un ravissement. Aux filles d'admirer l'élégance diaphane de ses chansons et de sa silhouette, et aux garçons d'affirmer : “Si j'étais un homme, je serais Jeremy Jay !”