Le grand Jeff Mills a une fois de plus frappé haut et fort : faire ce que Moroder avait réalisé avant lui, en signant un support musical au chef-d'oeuvre de Fritz Lang Metropolis. Rien que ça. Mieux, la version (deux-) Mills est nettement meilleure que la précédente. D'ailleurs, il expliquait récemment qu'il avait dû amputer le film de certaines scènes, afin de le formater à la durée approximative d'une heure. Il faut oser... Et tout l'art de Jeff Mills a été de transporter les sens dans une autre dimension, hallucinante comme un conte de Lovecraft, se retrouve concentré sur ce disque d'une grande beauté. D'ailleurs, Metropolis devrait passer en boucle sur des écrans géants à la place des publicités immondes, et dans les grandes surfaces, les compilations italiennes 80's seraient mises au placard, détrônées par cette musique, au fond pas aussi inaccessible qu'elle n'en a l'air au départ. Froide, dure, grise, parfois aux contours et textures erratiques, flous, la musique de Metropolis ne saurait être autrement. Pas de pied ravageur et de Bpm à tout-va, excepté sur certains morceaux, mais des nappes étirées, des sonorités étranges et belles, de la pure musique d'ambiance. Metropolis est un disque aussi indispensable que le chef-d'oeuvre de Fritz Lang.