Il y a tout juste deux ans, Jeff Mills livrait un album particulièrement habile : une prétentieuse mais savoureuse musique du Metropolis de Fritz Lang. Le producteur de Detroit se retranchait dans les ambiances sombres et profondes de motifs hypno-synthétiques. Un régal. Le disque qu'il sort aujourd'hui part dans un sens diamétralement opposé : la matière de At First Sight se veut plus dansante et moins introspective. Soit. Cependant, Mills se montre ici bien moins habile avec les beats mordants (un comble pour un Dj de son rang) qu'il ne l'est avec les nappes et les effets. De plus, les constructions a priori audacieuses se révèlent trop souvent laborieuses et vaines. Dommage.