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Une jolie poubelle... Une curieuse destination pour enfouir d'une façon dédaigneuse et ravissante  les vestiges d'une relation passée. Grand impudique de la chose lo-fi, Andrew Caddick n'en est certes pas à son coup d'essai dans cette façon de livrer en pâture ses sensations les plus personnelles. Une discographie impeccable couchée sur vinyles et cassettes a déjà attiré l'attention de labels indépendants américains (Bathetic Records, Night People) et français (La Sation Radar et Atelier Ciseaux qui remettent aujourd'hui le couvert) parmi les plus enthousiasmants de l'époque. Dès les indispensables premières cassettes nommées très justement Antiques (2009) et Relics (2010), on pouvait comprendre que quelque chose de fondamental se situait dans l'esthétique du souvenir chez l'artiste américain. Comme dans l'œuvre de The Caretaker, l'altération du son renvoyait à celle de la mémoire, pour estomper et filtrer le regard que l'on porte sur les faits d'un autre temps. Dans un registre beaucoup plus pop et moins “noisy”>, Nice Trash – tout comme Lost  (2009) d'Ela Orleans – transpose cette exigence sous une forme épurée et mélodique.



La production est aux antipodes des canons de l'époque, le souffle est présent, le silence crépite et la magie opère. On est saisi par l'évidence, la simplicité, le souci méticuleux du détail. Tout est à sa juste place, sans aucune pose... Tel un vœu pieux, Be My Shade ouvre l'album et l'imaginaire de l'auditeur aux trésors qui poursuivent. Blonde Beach, ses guitares vibrantes et sa rythmique immuable rappellent ainsi un Loveless (1991) éthéré dont la singularité ne sera pas singée de sitôt. Si la structure de zouk expérimental faisant l'ossature de Don't Wanna Live Forever a de quoi surprendre (ou faire sourire) de prime abord, le titre se révèle tel un bijou d'une bouleversante sensualité. Tout aussi vaporeuse, Blanket Mountain donne une leçon de distinction à tous les nostalgiques aux petits pieds. International Water est peut-être l'un des meilleurs titres associables de près ou de loin à la chillwave. L'album change alors de ton mais conserve toutes ses couleurs délicieusement délavées : In My Dreams, Sparkler, Pumkin Patch et Light Sleeper évoquent le romantisme envoûtant du maître Roy Orbison – dans cette même gamme où Dirty Beaches parvient parfois à fasciner. Nice Trash est un testament de dix chansons évoquant les ruines d'un amour passé, patinées par le temps et immortalisées à un moment idéal de l'oubli. C'est beau à en pleurer.

> Blanket Mountain en son du jour ce mardi.
> Une mixtape réalisée pour Hartzine.
Xavier Mazure


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