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Tristan
archive mag avril 2008
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Quel plaisir de retrouver Murat dans le plus simple appareil, à domicile, chantant “Je suis au désespoir/Et de rage je dis…/I wanna kill you”. Car voyez-vous, chères lectrices et lecteurs, la chanson en question, L'Hermine, est de celle dont on recouvre Le(s) Manteau(x) De Pluie (1991). Les thuriféraires apprécieront. On oubliera donc pour un instant le professeur de lettres refoulé, cabot en promo et chantre turgescent d'une certaine féminité – Isabelle Huppert demeure à ce jour sa muse la plus marquante – pour retrouver le talentueux musicien que l'on sait. En effet, si Taormina (2006) affichait un franc retour à la sobriété des chansons (des arrangements, du propos et de la quantité), Tristan valide aujourd'hui la régénérescence complète du Moujik. Qui, pour notre plus grand bonheur, mène désormais sa carrière à la façon de l’immense Howe Gelb (présent sur l’inusable Mustango, 1999), alternant les disques et les tournées en trio électrique et les œuvres plus intimistes, recentrées sur la guitare acoustique et les claviers. Son Arizona à lui, ce Massif Central qui lui inspire depuis toujours ses plus belles échappées solitaires, Jean-Louis Bergheaud lui rend à nouveau hommage avec cet album enjôleur qui célèbre espace et silence, poésie et spleen chronique. Et qu'importe si cette évocation du mythe de Tristan et Yseult se parfume parfois à l'eau de rose puisque, étonnamment, c'est là que notre homme est le plus touchant : seul dans un monde où même Dieu est une femme. Submergé par son chromosome X, JLM (lire Joue-La Midinette) Chante Bonheur et c'est finalement tout le mal qu'on lui souhaite de trouver auprès de Marlène, le petit joyau qui clôt l'excellente nouvelle : Murat est enfin de retour !
Renaud Paulik
article extrait de :
MAGIC RPM #119
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