Sacré Murat ! On le croyait hostile à la scène ses précédentes tournées ne dépassant jamais la dizaine de dates et le voilà qui part sur les routes de France une année entière (et ce n'est pas fini). De même, alors que l'on imaginait une tournée Mustango très "calexicienne", rêvant la visite du New Yorker Marc Ribot, Jean-Louis a ressorti samplers et synthés, s'est offert la même guitare que Neil "Daddy" Young et monté une petite entreprise de choc. À propos, ça ne vous ne rappelle personne, ces volte-faces country/new wave ? Entouré d'un trio de multi instrumentistes emmené par le fidèle Denis Clavaizolle, Murat qui chante d'ailleurs de plus en plus au féminin , a réarrangé l'inusable Mustango façon claviers codéinés et boîte-à-rythmes minimales (Polly Jean, Belgrade), témoignant de l'intérêt de l'auvergnat pour Arab Strap ou Mark Hollis. Et ça fonctionne ! Muragostang, double-live trépidant, impose un peu plus encore notre homme en chantre de la chose amoureuse et formidable antidote à l'ennui, ce grand dénominateur de la variété hexagonale. Comment expliquer alors que Jean-Louis ami de la délicieuse Pascale Clark se trimballe toujours cette image de gentil dépressif, lui qui est probablement le chanteur français à s'amuser le plus avec ses chansons (Jim, Nu Dans La Crevasse) ? En attendant ses prochaines aventures, que le Brenoï annonce égyptiennes, on se délectera de ce précieux bout de vie.