Jean-francois Coen
Vu par Magic
Vive L'Amour
archive mag août 2004
Soyez le premier à réagir
Onze ans d'attente ! Onze ans déjà que l'on vivait avec ce premier album éponyme presque parfait pour seul souvenir du passage météorique et fulgurant de Jean-François Coen dans le paysage musical des chanteurs sans voix. Petit à petit, on avait fini par faire de Coen une sorte d'équivalent francophone et aphone des Stone Roses ou Kevin Shields : un grand absent jamais en tort, un chanteur messie dont on guettait périodiquement le retour, tout en y croyant de moins en moins. Onze ans ! Voilà qui aiguise nécessairement à la fois les appétits les plus ardents et les craintes d'une déception à la hauteur de ces espérances un peu folles. En livrant aujourd'hui un second Lp à maturation lente, qui semble abolir le temps perdu en se coulant dans le même moule que son prédécesseur, Coen a sans doute réalisé ce que l'on pouvait attendre de mieux d'un revenant. Le plaisir consiste alors, pour l'essentiel, à franchir les passerelles d'un disque à l'autre, comme avec ce Calamity Janequi résonne en écho au Roy Beande 1993, à retrouver ces confessions intimes susurrées sur toile de fond électro-acoustique, ces éclairs mélodiques qui surgissent d'un néant obscur et sensuel, ce ton mêlant savamment l'ironie distante et la fragilité la plus bouleversante. Et si aucune des nouvelles compositions n'atteint véritablement les cimes bancales de La Tour DePise dépeinte autrefois par feu Guillaume Israël, il n'en demeure pas moins que la qualité d'ensemble de ce second opus est bien suffisante pour provoquer un soupir de soulagement apaisé en lieu et place de la moue désabusée que l'on craignait tant.
Matthieu Grunfeld
article extrait de :
MAGIC RPM #83
Réactions
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :