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En 2009, Jay Lindsey n'est plus un secret pour personne. Ses frasques, déclarations et assertions, toutes aussi aisées et délectables que ses chansons, ont fait maintes fois le tour de la blogosphère et constituent un sujet de grande satisfaction pour tous les fans d’indie rock qui attendaient qu'un nouveau trublion prenne la relève des frères Gallagher et Reid, de Luke Haines et des autres grandes gueules. Dépositaire des vertus de la provoc’n’roll, l'adolescent attardé a toujours démontré qu'il avait à cœur de déplaire.

Il s'amuse à afficher sur l'horrible pochette de Watch Me Fall une posture bossue et une certaine ressemblance avec le Meat Loaf du clip I'd Do Anything For Love, à afficher son désespoir et sa rage incandescente sur les mélodies les plus enjouées (I'm Watching You) et à proclamer dès le premier titre : “All is lost, there is no hope”. Moins braillards que les précédents singles compilés sur Matador Singles ‘08 (2008), plus pop que ceux de Blood Visions (2006), les titres de Watch Me Fall font preuve de l'efficacité incendiaire qui scelle les productions de Jay Reatard depuis ses débuts. Là où tant d'autres prennent des détours en jouant les progressistes du punk, Lindsey va droit au brut : un couplet et un refrain par chanson, aucune autre coquetterie que celle de son jeu de guitare.

Le moins que l'on puisse dire est que ce garnement a compris la recette de la chanson punk rock parfaite. L'album est ainsi emballé et pesé en moins de trente minutes sans laisser paraître d'autres faiblesses que celles qu'il a décidé de confesser, à savoir la résignation (la formidable Can't Do It Anymore) et le désir de revanche (Rotten Mind et Hang Them All). Jay Reatard n'est certes plus l'outsider qu'il était en 2006, mais il reste aujourd'hui encore le teenager de l'année. Certains poids lourds de nostalgie feraient bien d'en prendre de la graine…
Xavier Mazure
MAGIC RPM  #135


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