“J'ai des soucis j'ai des ennuis/J'ai des tracas
j'ai des tourments/J'ai mal au foin j'ai mal aux dents /Mais je n'veux pas
changer de peau/Parc'que j'aime les emmerdements”. À
force de passer son temps en France, Jarvis Cocker a dû entendre Le Responsable de Jacques Dutronc. C’est
d’autant plus vrai que rien n’a jamais paru simple, tout au long de la carrière
de l’ex-chanteur de Pulp, du succès tardif et bref du groupe jusqu’à sa fin
précipitée, après l’accueil mollasson de l’album We Love Life (2001). Dans ce cas, pourquoi ne pas enfoncer le
clou ? On ne s’étonnera qu’à moitié de constater que sous l’intitulé Further Complications se cache ce que le
myope a, en apparence, réalisé de plus net, jusqu’au look arboré sur la
pochette (poils et costume bien coupé, comme n’importe quel citadin actuel).
Produit par Steve Albini pour faire la part belle aux grosses guitares et aux prises de voix comme autant de prises de bec, ce second Lp déjoue toutefois la principale appréhension, celle de découvrir l’équivalent d’un album de Frank Black enregistré au milieu des années 90. Jarvis américanisé ? Un Teenager Of The Year (1994), lui qui scandait avec effroi Fat Children (Took My Life) il n’y a pas trois ans ? Quelques morceaux issus de l’inaugural Jarvis (2006), d’une approche également métallique, donnaient effectivement à penser que les poils du Britannique ne poussaient pas uniquement sur son visage, mais gagnaient aussi les compositions (le reste de ce premier effort solo, doux et confessé, devait sans doute avoir été écrit au crépuscule de la carrière de Pulp). Plus homogène et sonique, Further Complications entérine donc la carrière solitaire de Jarvis Cocker, tout en révélant, autre paradoxe, des moments étranges qui rappellent directement au souvenir de l’âge d’or de Pulp (Pilchard, dans la lignée des singles réalisés pour le label Gift en 1992-93).
Son auteur a sans doute raison de se faire sec et brutal, lui dont le talon d’Achille réside parfois dans les morceaux qui tirent en longueur (ici encore, I Never Said I Was Deep). Le single Angela le prouve. Mais les neuf minutes du conclusif et superbe You’re In Eyes (Discosong) le contredisent et sont un vrai pendant à la version de By The Time I Get To Phoenix par Isaac Hayes. Further Complications, c’est le cas de le dire. Élégant mais contorsionné sur la pochette, intense et inégal au micro, sincère et contradictoire, Jarvis est aujourd’hui humain avant tout. Pour un type longtemps assimilé à un vulcanien, ce disque est le bienvenu : il sonne comme un accomplissement.
Produit par Steve Albini pour faire la part belle aux grosses guitares et aux prises de voix comme autant de prises de bec, ce second Lp déjoue toutefois la principale appréhension, celle de découvrir l’équivalent d’un album de Frank Black enregistré au milieu des années 90. Jarvis américanisé ? Un Teenager Of The Year (1994), lui qui scandait avec effroi Fat Children (Took My Life) il n’y a pas trois ans ? Quelques morceaux issus de l’inaugural Jarvis (2006), d’une approche également métallique, donnaient effectivement à penser que les poils du Britannique ne poussaient pas uniquement sur son visage, mais gagnaient aussi les compositions (le reste de ce premier effort solo, doux et confessé, devait sans doute avoir été écrit au crépuscule de la carrière de Pulp). Plus homogène et sonique, Further Complications entérine donc la carrière solitaire de Jarvis Cocker, tout en révélant, autre paradoxe, des moments étranges qui rappellent directement au souvenir de l’âge d’or de Pulp (Pilchard, dans la lignée des singles réalisés pour le label Gift en 1992-93).
Son auteur a sans doute raison de se faire sec et brutal, lui dont le talon d’Achille réside parfois dans les morceaux qui tirent en longueur (ici encore, I Never Said I Was Deep). Le single Angela le prouve. Mais les neuf minutes du conclusif et superbe You’re In Eyes (Discosong) le contredisent et sont un vrai pendant à la version de By The Time I Get To Phoenix par Isaac Hayes. Further Complications, c’est le cas de le dire. Élégant mais contorsionné sur la pochette, intense et inégal au micro, sincère et contradictoire, Jarvis est aujourd’hui humain avant tout. Pour un type longtemps assimilé à un vulcanien, ce disque est le bienvenu : il sonne comme un accomplissement.