Jamie Lidell

Vu par Magic

Multiply

archive mag juin 2005
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Durant les cinq années séparant Muddlin Gear de ce deuxième album, Jamie Lidell n'a pas chômé. Décidé à produire avec sa voix l'équivalent de ce qu'il avait auparavant modelé de façon sauvage et comique à l'aide d'une électronique dadaïste affiliée à Squarepusher, ce Britannique volubile s'est longtemps chauffé sur scène, pour parvenir à ce rôle de beat box humaine qui a depuis fait de lui un ami de Gonzales autant qu'un performer attachant. Solide, incarné et continuellement vocal, Multiply s'avère bien plus qu'un simple témoignage discographique des capacités clownesques et pulmonaires avec lesquelles Jamie divertit le public. Arrangé de façon dynamique et concentrée, Multiply possède un son chaud, palpable et tenu, qui démontre que ce ne sont pas seulement les particularités vocales de James Brown et Stevie Wonder qui inspirent Jamie Lidell, mais également la manière dont leurs meilleurs disques furent produits. Moins ostensible et traditionnel que Jamiroquai, plus inventif dans ses pirouettes que Mike Skinner de The Streets, Jamie développe un style personnel et assuré qui porte Multiply au-delà du gadget, vers une sorte de classicisme r'n'b reformulé. En trente-neuf minutes et dix compositions, il fait jusque ce qu'il faut pour toucher au but, se rapprochant en cela de la félinité économe des groupes à guitares actuels, davantage que de la mousseline adipeuse propre à la soul FM. Une bonne surprise.

JULIEN WELTER

article extrait de :
MAGIC RPM #91


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