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Muddlin Gear

archive mag septembre 2000
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Ce premier album de Jamie Lidell, le comparse de Cristian Vogel au sein du combo electro funk lo-fi Super Collider, n'est pas ce que l'on appelle un album facile. Dès la pochette et ses collages noir et blanc rappelant étrangement l'esthétique punk DIY du début des années 80, on éprouve une sorte de malaise. Où Jamie Lidell cherche-t-il à en venir ? Sa musique est-elle aussi faite de bric et de broc ou cherche-t-il à brouiller les pistes ? On détient malgré tout quelques pistes : les trois personnages du verso sont a priori des musiciens de jazz complètement déformés par les radiations nocives de la musique "lidellienne". Et l'on retrouve bien des intonations jazz et funk dans ces morceaux complètement déstructurés. Les cinq ou six premiers titres sont en effet totalement déroutants. On croirait entendre des morceaux electro, hantés par des samples de voix étirés et passés à la moulinette de filtres les plus bizarres qui soient, concoctés par Aphex Twin et Squarepusher et retravaillés par les membres de Captain Beefheart, comme sur l'incroyable Ill Shambâta ou le plus minimal Silent Why. Petit à petit, la tension se relâche, la voix se fait plus intelligible et des bribes de chansons apparaissent comme sur 00..0. Jamie Lidell semble alors avoir plus de points communs avec Prince qu'avec Surgeon. Sur Dröön_99, il nous fait même (plutôt bien) le coup du slow. Après le calme, la tempête : Daddy No Lie est une pièce de musique electro acoustique sombre et inquiétante que ne renieraient pas des spécialistes du genre. Jamie finit en beauté avec une chorale digne d'une fin de soirée trop arrosée.

Jérôme Mestre

magazine num 44 article extrait de :
MAGIC RPM #44


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