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Whiplash

archive mag mars 1997
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A production bicéphale, album bicéphale ? On imaginait pourtant le choix de Brian Eno et de Stephen Hague à la production moins perturbant pour le groupe de Manchester. Pour imposant qu'il soit, ce voisinage n'augurait pas forcément du bancal diptyque qu'il nous soit permis d'écouter là. Mais depuis Laid, chef d'oeuvre folk-rock de 93, on a péniblement réappris à suivre les errements successifs de Tim Booth. Et Whiplash n'est que l'ultime avatar discographique d'un groupe en mal d'inspiration (compilant des chutes de studio pour en faire un album, Wah Wah) et d'un chanteur en quête de reconnaissance (recourant au compositeur Angelo Badalamenti pour justifier une escapade solitaire, Booth And The Bad Angel). Pourtant, tout s'annonce sous les meilleures auspices, avec ces quatre premières chansons en forme d'appendice ouvragé à Laid. Où la beauté lunaire de Waltzing Along côtoie l'ardeur scintillante de She's A Star. Et puis, patatras ! En bon suiveur du modernisme ambiant, James s'intronise impudemment dans la scène groove. Avec une froideur perfide qui frise le calcul d'apothicaire. Mais les soudaines vélléités dub ou drum'n'bass du James 97 ne trompent personne : elles ne sont que l'artifice douteux d'un groupe qui ne croit plus en son étoile. Pourtant, c'est quand James redevient lui-même, le temps d'une extraordinaire chanson finale (Blue Pastures), qu'il continue de séduire.

Franck Vergeade

magazine num 13 article extrait de :
MAGIC RPM #13


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