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archive mag juillet 2001
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L'exercice de style critique qui consiste à fourbir les arguments les plus destructeurs pour envoyer au bûcher ceux qui furent autrefois l'objet de note adoration n'est jamais très estimable ni très satisfaisant. Après tout, celui qui s'y livre finit toujours par remettre en cause davantage la pertinence de ses goûts passés que la trahison réelle ou fictive des artistes concernés. Pour échapper à cette entreprise d'exorcisme musical ou de démolition symbolique, on est parfois conduit à emprunter des chemins tortueux. L'évocation nostalgique est sans doute la plus commode de ces voies détournées. Rappelons donc que, parmi tous les groupes à émerger de la scène mancunienne dans la deuxième moitié des 80's, James ne fut sans doute pas le plus doué ni le plus important, mais qu'il est resté à nos yeux, pendant quelques années au moins, le plus enthousiasmant. Un chanteur charismatique sans limites vocales apparentes, une rythmique hystérique et maîtrisée, des perles de chansons réparties harmonieusement sur deux albums et quelques singles qu'on a écoutés mille fois (neuf cent quatre-vingt dix-neuf au moment de leur sortie, une fois depuis). Il n'en fallait pas plus pour que James ne devienne, en ces moments grisâtres de fin de décennie 80, un groupe curieusement vital dont on guettait la moindre sortie. C'était, encore une fois, il y a un certain temps. La suite mérite d'être tue, par respect pour la qualité de ces moments et pour ne pas écailler davantage le verni fragile du souvenir. On signalera, juste au passage, que James sort un nouvel album. Et qu'il est vraiment très mauvais.

Matthieu Grunfeld

magazine num 53 article extrait de :
MAGIC RPM #53


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