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Turning Down Water For Air de James Yuill

chronique d'album
Fatigué de dégoter les titres des autres pour illustrer les publicités à la télévision, James Yuill quitte son agence de promotion pour se mettre sérieusement à la musique. Mais la posture du songwriter à la guitare sèche des chansons l’ennuyant encore plus, il s’adjoint la compagnie d’un ordinateur portable pour fabriquer son propre groupe, limité à sa seule personne. À vingt-sept ans, le musicien anglais fait partie de cette génération qui s’éveilla aux sonorités électroniques avec Kid A (2000) de Radiohead.

Aguerri aux beats warpiens par le groupe d’Oxford, dont il reprit d’ailleurs Packt Like Sardines In A Crushd Tin Box sur son premier 45 tours, le timide nerd se range sur le côté du dancefloor pour raconter ses histoires de cœur, en regardant les filles danser. En jeune homme moderne, aussi fan de Nick Drake que d’Aphex Twin, James Yuill enrobe ses compositions luxuriantes de rythmiques mélancoliques, et son folk triste s’éveille au contact de l’électronique la plus dansante, comme cela peut s’entendre sur le single No Pins Allowed.

Avec cet échalas sympathique au look improbable de Grand Duduche en costume, à ranger quelque part entre Tom Rowlands (The Chemical Brothers) et Martin Gretschmann (Console), le label Moshi Moshi sort un nouvel atout de sa manche. D’ailleurs, les plus beaux moments de Turning Down Water For Air sont hantés par les spectres bienveillants du Neon Golden (2002) de The Notwist et surtout de l’indépassable Give Up (2003) de The Postal Service.
Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #128


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