Sans attendre trop longtemps, James Yuill délivre déjà un successeur à Turning Down Water For Air (2009). La formule qui faisait merveille sur le premier album est reconduite au long de dix nouvelles compositions. Si l’on note la présence de chœurs féminins sur l’introductif Give You Away, le bientôt trentenaire continue à tout faire tout seul, en studio comme sur scène, flanqué de sa sempiternelle guitare et de ses machines. Après ce démarrage moelleux dans l’univers du musicien anglais, son folk électronique précieux revêt des atours encore plus entraînants, comme sur Crying For Hollywood (allô The Postal Service ?), ou encore First In Line, qui lorgne visiblement du côté de New Order. Pourtant, James Yuill ne renonce pas non plus à citer ses racines plus folk, et notamment son maître absolu, Nick Drake (le délicat Foreign Shore, au rythme lancinant). Mais le grand échalas au physique de nerd timide qui déteste le football muscle son jeu le temps du single On Your Own, dont le romantisme synthétique se propage sur le dancefloor. Le reste du disque se joue sur ces incessants allers-retours entre mélodies boisées et ritournelles dansantes, avec une incroyable réussite et une efficacité redoutable. Ainsi, le warpien My Fears se termine par une orgie de beats technos, tandis que le titre suivant, Wild Goose At Night, respire la plénitude, au gré d’accords de guitare apaisés. On applaudit des deux mains la sincère schizophrénie de James Yuill, érigée en savoir-faire imparable.