C'est à peu près sûr : il sera bien difficile pour James Combs d'échapper aux comparaisons, flatteuses ou non, avec Elliott Smith. Cette voix de tête au bord de la rupture, ces années de chrysalide passées, avant l'éclosion, au sein de formations rock plus ou moins besogneuses (Heatmiser pour l'un, Arson Garden pour l'autre), ce sens presque miraculeux de la composition majeure en mode mineur : autant d'éléments à charge qui devraient permettre aux oreilles pressées d'instruire hâtivement un procès en clonage. Il serait cependant plus que regrettable de méconnaître les vertus toutes personnelles d'un auteur encore en devenir et déjà fascinant. En un seul album, Combs parvient en effet à s'imposer comme un songwriter de tout premier ordre en transformant en chansons magnifiques et mordantes sa fragilité et ses tourments. Souvent cruel mais jamais cynique, il renouvelle de bien belle manière les fragments d'un discours archirebattu sur le dépit amoureux. Capable de réinsuffler une authentique vitalité aux figures imposées du genre (la rupture, la déprime, les supplications...), Combs maîtrise déjà sur le bout des doigts tous les ressorts de l'émotion. Please Come Down ? Please, come back ! Et vite, si possible...