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White Van Music de Jake One

chronique d'album
Que se passe-t-il quand un producteur ultraconvoité du rap américain décide de passer du statut d'invité à celui d'hôte ? Il réunit autour de sa table un casting évangélique. Sur son premier album solo, Jake One accueille ainsi les courtoisies de Brother Ali, MF Doom, Slug, Alchemist, Prodigy, M.O.P., Blueprint et Busta Rhymes, entre autres noms enluminés.

Difficile de faire mieux pour exciter le public et instituer sa sortie de l'ombre. Corollaire de cet appétit pour les petits fours amicaux, White Van Music est un disque trop long, où l'excellence (notamment les titres les plus sombres comme Kissin' The Curb, Scared ou Feelin My Shit) côtoie les clichés rassurants du genre, exécutés avec une certaine aisance (Bless The Child pour le gospel mou, Glow pour la patine 70's, The Truth pour le coup de tampon oldschool). Caméléon perché entre mainstream et underground, aussi à l'aise aux côtés de Tupac que Lyrics Born ou De La Soul, l'autodéclaré “perfect beat writer” de Seattle réalise un genre de tour de force : faire sonner chaque morceau comme l'œuvre de l’invité qui l'interprète.

Ce qui nous offre une nouvelle occasion de constater combien MF Doom domine encore ce beau monde, inoculant son vénérable flow de fumée liquide aux deux meilleurs morceaux du disque (Trap Door et Get 'Er Done). Après avoir fait le tour du propriétaire, on adoptera l'attitude habituelle pour ces fiestas gargantuesques où le maître de maison lui-même disparaît : poser une oreille par ci, esquisser un pas de danse par-là, en évitant soigneusement les pièces trop encombrées.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #126


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