A Lire
Jacob Golden / Spoonface
archive mag novembre 2001
Soyez le premier à réagir
Petit à petit, David Kosten paraît s'imposer comme un personnage qui compte dans le panorama des musiques contemporaines de qualité. Pour son travail de musicien sous l'étiquette Faultline, mais aussi pour ses dons de producteur. Le premier bénéficiaire de ses talents n'est autre qu'un jeune songwriter américain immigré à Londres, Jacob Golden. Auteur débutant mais déjà assez doué, Golden tire un profit indéniable de sa collaboration avec cet arrangeur de grande classe. En soulignant tantôt par des petites touches de piano ou de samples la délicatesse de l'écriture, en n'hésitant pas à insuffler aux morceaux qui le méritent une âme plus pompière, Kosten confère à ces six premiers titres une ampleur tout à fait remarquable. Polyamory, notamment, réussit la performance de synthétiser en une seule chanson l'esprit de deux des meilleurs groupes de l'année, commençant comme un inédit fragile et biscornu de Sparklehorse avant de décoller au bout de deux minutes vers les sommets de lyrisme éthéré atteints par Mercury Rev. Le second album de Ben Christophers souligne, a contrario, les limites ingrates du métier d'habilleur sonore. Malgré tous ses efforts pour donner un intérêt quelconque à des chansons ectoplasmiques, Kosten ne parvient ici qu'à rendre manifeste l'impossibilité radicale de décorer du vide. Visiblement plus soucieux de disserter sur son mal-être que de travailler son écriture, Christophers semble, en effet, avoir oublié ses chansons à l'entrée du studio. Les artifices les plus astucieux ne pourront plus rien faire pour le sauver. Même pour le plus doué des couturiers, il est quand même plus facile d'habiller Brad Pitt que Gérard Jugnot.
Matthieu Grunfeld
article extrait de :
MAGIC RPM #56
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :