Jackson And His Computer Band

Vu par Magic

Smash

archive mag octobre 2005
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Cela fait déjà huit ans que le jeune et joli car on avait pu également l'apercevoir sur les pages glacées des magazines de mode Jackson avait été repéré notamment par la presse anglaise, alors sensible aux jeunes pousses grisées par le vent en poupe de la France en matière d'électronique. Après quelques maxis, il va sans dire qu'il aurait pu facilement sombrer dans les oubliettes d'un genre relativement mal en point, puisque, en dehors d'un single paru en 2003 (Utopia), on n'avait quasiment eu aucune nouvelle de sa part. Smash, son premier véritable album, arrive donc au moment où l'on ne l'attendait plus, mais débarque par la grande porte, auréolé de la caution de l'exceptionnel label anglais Warp. Ce qui, vu les signatures du label (d'Aphex Twin à LFO en passant par Prefuse 73 et Maxïmo Park) lui laisse une liberté artistique exceptionnelle. Sans se soucier d'aucun formatage, Jackson explose les frontières entre les genres, s'exprimant dans un domaine où les rythmiques se déstructurent en permanence, à mi-chemin entre une electronica sombre et un hip hop futuriste. Un album où les tensions dramatiques posées par quelques touches de symphonie digitale s'exposent sans cesse aux cuts alternatifs d'un work in progress accidenté et discordant aux accès punk funk étonnants, ce qui le rend réellement intrigant mais tout aussi difficile d'accès. Extrêmement complexe et fourmillant d'idées, ce Smash est un revers en pleine face dont on n'est cependant pas tout à fait sûr de pouvoir se relever.

THOMAS SCHWOERER

article extrait de :
MAGIC RPM #94


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